
Les Kugos sont des créatures massives à la peau rouge carmin. Ils partagent un lointain lien de parenté avec les orcs, mais s’en distinguent nettement, notamment par l’absence de crocs, leur carnation particulière et leur mode de vie différent. Festifs et rieurs, ils savent aussi se montrer d’une violence redoutable et d’une rancune tenace, autant dire qu’il vaut mieux éviter de les provoquer, sauf si l’on tient à finir la tête encastrée dans un mur, façon trophée de chasse. Passionnés, ils sont d’habiles artisans et des éleveurs fiers, considérant leurs troupeaux comme une richesse sacrée, plus précieuse que leur propre existence.
Organisés en clans, ils reconnaissent l’autorité suprême des prêtresses, gardiennes de la descendance et maîtresses du foyer. Leur existence est régie par un code, véritable pierre angulaire de leur civilisation, qui encadre presque tous les aspects de leur vie. Ce code strict est ce qui les a sauvés de leur propre folie : car autrefois, leurs passions, qu’elles soient amoureuses ou guerrières, les avaient menés au bord de l’extinction. Trop de guerres pour de mauvaises raisons, trop de pulsions incontrôlées…
Dans un rare moment de lucidité que peu de civilisations connaissent avant de s’effondrer, les Kugos ont adopté un mode de vie matriarcal et embrassé ce code comme une religion, la seule voie possible pour protéger les générations futures de leur penchant autodestructeur.
Certes, ce code peut sembler excessif, parfois absurde, mais s’en détourner serait une faiblesse impardonnable, attirant sur soi le déshonneur. Or, pour un Kugo, le déshonneur est pire que la mort : il ronge son âme, ternit la réputation du clan et condamne à l’oubli.
Quant à ceux qui s’écartent volontairement des saintes doctrines, ils sont considérés comme des hérétiques. Pour ces derniers, la sentence est la mort, si possible après s’être repentis...